News

Vendredi 5 décembre : Jour 6

Où l'on évoque Neptune, pot au noir et poissons volants

En cette fin de 6ème jour de course dans le Trophée Jules Verne, c'est fort naturellement le pot au Noir et le franchissement de l'équateur qui occupent esprits et conversations au sein de l'équipage de The Famous Project CIC. La jolie glissade dans l'alizé de nord est, bâbord amure devrait se prolonger durant encore quelques heures, avant un premier ralentissement attendu ce matin,  signal de l'entrée dans les systèmes perturbés de la Zone de Convergence Intertropicale, ses phénomènes orageux et rafales, ses monstrueux nuages capables d'aspirer tout l'air d'un plan d'eau pour mieux le bousculer quelques encablures plus loin... Tout l'équipage s'y prépare, attentif à l'évolution permanente de ces insaisissables systèmes qui, à l'heure où nous écrivons ces lignes, laissent augurer d'un passage particulièrement tordu, le pot au noir enflant et se dégonflant en permanence. Ainsi que nombre de navigateurs, du Vendée Globe notamment, l'ont constaté dans un récent passé, le pot semble s'ouvrir plus facilement à l'est, et c'est bien vers les 25 degrés de longitude ouest qu'Alexia, Dee, Annemieke , Rebecca, Deborah, Molly, Támara et Stacey chercheront dès aujourd'hui leur salut. Viendra alors ce si symbolique franchissement de l'équateur. Un moment que l'équipage à forte connotation anglo-saxonne tient à célébrer, tradition oblige, comme un marqueur hautement significatif de ce tour du monde au féminin. Si l'expérimentée Dee Caffari célèbrera son quinzième passage dans l'hémisphère sud, ce sera en revanche la toute première fois pour la benjamine du bord, l'autre Britannique Deborah Blair.

Dee Caffari

"Ce sera mon quinzième franchissement de  l’équateur. Ils sont tous symboliques à leur propre manière.  Il faut se rappeler qu'en tant que marins et voyageurs, nous sommes très superstitieuses et très traditionnalistes.

Je pense que la première chose à faire, c'est d'accueillir Neptune, pour lui demander la permission et un passage sécurisé dans l'hémisphère sud, mais aussi le droit de passage pour une de nos équipières dont ce sera le tout premier franchissement de l’équateur. J'ai été très heureuse quand j'ai fait mon premier passage. J’étais à l’époque responsable d'un bateau de 17 personnes, et il y avait à bord un certain nombre de personnes qui passait pour la toute première fois.

Je pense que c'est important de célébrer ce moment. En ce qui concerne notre jeune équipière, (Deborah Blair ndlr) qui passe l'équateur pour la première fois, elle est déjà un peu nerveuse, et nous tenons entre nous des conversations où on la « menace » d’un certain nombre de choses indicibles pour son bizutage.

Je ne veux pas vous dire tous nos secrets, mais la menace implique des lames de rasoir, des ciseaux, des stabilos, et des poissons volants… Nous avons réuni tout cela,  et elle n'a aucune idée d'où nous les cachons. Mais elle va bien mériter son droit de passage quand nous toucherons l'équateur et entrerons dans l'hémisphère du sud.

Nous célébrerons Neptune comme il se doit car c’est un moment fort de notre aventure. C'est très excitant. Beaucoup de choses vont se passer dans un laps de temps très court à venir, et dans des conditions de navigation très turbulentes."