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Carnet de bord d'Alexia - 23/12

À haute vitesse

En route vers l’Australie.
Et avec elle, notre deuxième cap, pris plein gaz.
Ce matin, après l’empannage de 5h — ce moment un peu flou où la nuit n’a pas encore rendu les clés au jour — j’ai donné le tempo.
La consigne du jour : 30 noeuds de vitesse !
On change de voile comme on change de poêle selon le feu, pour garder l’allure, pour rester dans la danse.
C’est un bel exercice. Exigeant. Un peu ingrat aussi.

La mer, elle, n’est pas franchement coopérative.
Elle dresse ses bosses devant nous, et notre bel oiseau aimerait les survoler plutôt que les cogner.
Alors on cherche. On affine. On règle.
On essaie de trouver ce rythme de vague qui permet au trimaran de décoller, de filer, d’accélérer sans taper.
D’autres ont tenu cette cadence avant nous.
Alors à nous de jouer.

À l’intérieur, c’est une autre histoire.
Plus de vitesse dehors, plus de mouvement dedans.
Ça ruisselle, ça vibre, ça grince, ça tape
Mais il faut tout donner maintenant : devant nous, une zone moins ventée.
Alors si on peut avaler des milles… c’est maintenant ou jamais.
Et puis il y a le cœur.
Le cœur de l’équipage ❤️

À bord, ambiance Noël… version banquise.
Des guirlandes dansent au plafond — œuvres d’art signées Molly — découpées dans une couverture de survie en étoiles et flocons.
Rassurez-vous : il en reste d’autres, au cas où.
Cette semaine s’annonce festive. Et franchement, ça fait du bien.
Parce que dehors, la météo fraîchit, le ciel se ferme, et le Sud nous rappelle où l’on est.

Dans la rubrique bonnes nouvelles :
Notre ami Guirec qui a pris la mer pour faire le tour du monde.
Juste génial, parti en solitaire, à l’envers, contre vents et marées,
pour tenter de battre le temps de Jean-Luc Van Den Heede : 122 jours.
Un défi monumental.
On va le suivre. Tous les jours.
Lui souhaiter bonne chance.
Et qui sait… peut-être se croiser quelque part sur la planète bleue.

Je vous écris du fond de mon sac de couchage,
dans le compartiment arrière.
Bruyant. Humide. Animé.
Une vraie balade glaciale.
Il est temps d’enfiler les chaussettes, le ciré,
et d’aller retrouver l’équipage.
Le cœur est là. Le cap aussi.
Demain, on se parle du cap Leeuwin.
Bonne nuit. Bon vent.