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Carnet de bord d'Alexia - 22/12
Brest, l’Inde et le soleil
D’un jour à l’autre.
Sans prévenir.
Hier tout était gris. Un gris administratif. Un gris de couloir trop long. Un gris qui fait oublier — volontairement presque — qu’il existe, quelque part, une fenêtre, une trouée, un mieux.
Et pourtant je le savais. Je savais que ça reviendrait. Que la haute pression arriverait. Que le soleil ferait son entrée, sans frapper.
Aujourd’hui, il est arrivé.
Et il a tout changé.
Un peu de soleil… c’est fou comme ça remet les choses à leur place. Surtout ici, au sud de l’océan Indien, à la latitude des 40e, là où le vent a du caractère et la mer une mémoire.
Le soleil recharge tout : les batteries du bateau, oui… mais surtout celles des femmes à bord.
On étend le linge comme un acte militant. On rit pour rien. On prend une douche comme si c’était un spa clandestin. On se lave les cheveux et, soudain, on se sent presque… fréquentables.
Prêtes à conquérir le monde. Ou au moins l’horizon suivant.
Les manœuvres ?
Elles ne font plus peur.
Grand-voile en tête, sans drame. Changement de voile d’avant. Puis une autre. Puis encore trois.
La mécanique devient chorégraphie.
On fait du zèle. On fait des images.
Et — luxe suprême — on s’autorise à se reposer.
Alors je regarde la carte.
Je balade ma souris sur la cartographie comme on feuillette un atlas d’enfance. Je remonte. Loin. Jusqu’en Inde.
Et sans logique apparente — donc parfaitement logique — je pense à Brest.
Brest.
Cette ville rencontrée récemment, mais intensément.
Cette ville qui accueille, qui mélange, qui brasse. Une ville-port, une ville-monde.
Jamais nous n’aurions imaginé croiser autant de nationalités, autant d’histoires, autour de notre projet.
Et ça, c’est grâce à Sopra Steria.
Des collaboratrices. Des collaborateurs. Des accents. Des regards.
Des gens venus de partout.
Et parmi eux, ceux venus d’Inde. Première fois en France. Première fois à bord d’un maxi trimaran.
Autant dire : immersion immédiate.
Des moments rares. Des moments vrais. Des moments qui ne se programment pas.
Merci pour ça.
Merci pour ces instants suspendus.
Merci aussi pour la technologie embarquée — celle qui veille quand on dort, qui rassure quand ça secoue, qui performe quand on accélère.
Celle qui relie le sport à la santé, la navigation à la science, l’intuition aux données.
Un projet sportif, au départ.
Une aventure humaine, à l’arrivée.
Parce que ce qui n’était pas prévu…
C’est souvent ça, le plus beau.
Et de l’inattendu naît parfois l’exceptionnel.
Toujours.
Il fait nuit maintenant.
Une nuit d’étoiles. Généreuse. Silencieuse.
On barre à belle allure. Le bateau glisse.
Cap toujours sur Cape Leeuwin.
Et ce soir, si j’étais une chanson…
Je serais Hallelujah, avec Jeff Buckley.
À peine chantée. Presque murmurée.