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Carnet de bord d'Alexia - 17/01

Un problème par jour, notre zone de confort

Un problème par jour.
C’est un peu notre zone de confort en ce moment.
Mais quoi…
Tu croyais quoi, toi ?
Que l’équateur passé, tout allait rouler comme sur des roulettes ?
Qu’un tour du monde, ça se termine tranquillement, les doigts dans le nez, sourire et cheveux au vent?
Eh bien non. Pas du tout.

La navigation, c’est l’évolution permanente d’un bateau et de son équipage.
Dans l’incertitude.
L’incertitude de la mécanique.
Celle de la météo.
Les éléments.
La chance, la malchance.
La fatigue.
La mauvaise humeur.
La frustration.
Et puis la joie aussi.
Les rires.
Les chants.
Les sourires.
Les regards qui en disent long.
Tu ne peux pas prétendre, en te réveillant, savoir exactement ce qui va se passer.

Bien sûr, on étudie.
On ausculte.
On fait des hypothèses.
On se prépare.
Mais au final, c’est toujours l’océan qui donne le tempo.
La nuit dernière, alors que le vent montait, on a décidé de réduire la toile.
Prendre un ris.
Pour celles et ceux qui nous suivent depuis le Cap de Bonne-Espérance, vous savez que chez nous… ce n’est jamais simple.
Une fois n’est pas coutume, on a bien galéré.
Mais on y est arrivées.
Et quelques minutes plus tard, la grand-voile s’est déchirée.
Alors il a fallu affaler encore un peu plus.
Au lever du jour, Stacey, notre maître-voilier, a pris les choses en main.
Organisation, réparation, efficacité.
Temps record.
On a pu rehisser la grand-voile.
Mais elle ne tient plus dans la configuration ris 1 sur le mât.
Bref.

On est un peu comme une voiture où la première et la seconde fonctionnent,
la troisième et la quatrième sont en rade,
et la cinquième et la sixième marchent très bien.
Selon la route que tu prends, ce n’est pas toujours facile.

Mais une fois encore, je suis immensément fière de cette équipe.
De sa capacité à se mobiliser.
À s’adapter.
À ne jamais lâcher.
On apprend à gérer nos frustrations.
À réévaluer nos attentes.
À se projeter… mais pas trop.
Évidemment qu’on a hâte d’arriver.
Évidemment qu’on a envie de se retrouver.
Promis, on fait de notre mieux.
Et toi qui lis ces quelques lignes :
continue de nous envoyer tes bonnes ondes.
On les reçoit.
Vraiment.