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Carnet de bord d'Alexia - 13/01

Attrape-moi si tu peux

Ça y est.
Les ventilateurs sont en marche.
L’Atlantique Express est lancé.
Changement de rythme.
Changement de cadence.
L’enjeu est clair : garder la vitesse.
Trouver les bons réglages, les bonnes voiles.
S’adapter à l’angle du vent, aux vagues —
pas encore géantes, mais qui grandissent doucement, comme une promesse.
Le bateau accélère.
Et avec lui, tout devient plus instable.
L’équilibre est plus difficile à tenir.
Impossible de traverser le bateau sans se cogner quelque part.
Alors on réapprend les gestes simples.
On fait chauffer l’eau avec mille précautions,
pour ne pas s’ébouillanter quand le trimaran bondit.

À chaque quart, la même envie :
faire marcher la machine.
La laisser respirer, s’exprimer.
Mais toujours avec cette vigilance en toile de fond —aller vite, oui, mais toujours attentives.
Le vent est là.
Des retrouvailles attendues.
Forcément éprouvantes physiquement,
mais profondément désirées.
Les grains sont de retour.
Parce que c’est aussi ça, l’Atlantique :
un terrain de jeu exigeant, vivant, sans demi-mesure.
Le soleil revient.
La chaleur aussi.
Mais quand on file à 30 nœuds — presque 60 km/h —on la sent moins. L’air balaie tout.
La lumière est éblouissante.
La nuit redevient un spectacle.
Étoiles nettes. Lune présente.
Le ciel reprend sa place.

À mille milles de l’équateur,
l’équipage est déterminé.
Prêt à en découdre avec la prochaine étape : la zone de convergence intertropicale, la fameuse ZCIT… le Pot noir.
Et vous, qui nous lisez,
restez là.
Gardez un œil levé vers l’horizon avec nous.
La suite arrive vite —
et elle promet d’être intense.