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Carnet de bord d'Alexia - 11 décembre
La Respiration avant le Grand Sud
Ça y est…
Aujourd’hui, on a eu notre journée paisible.
La petite parenthèse que la mer accorde parfois… quand elle est de bonne humeur.
Et je vous jure… qu’est-ce que ça fait du bien.
Je suis heureuse. Simplement heureuse.
On a retrouvé nos deux barres.
Parce que Molly… a fait du Molly. Dans son coin, concentrée, inspirée…
Elle a trouvé des pièces improbables, réparé l’impossible, et redonné vie à la pièce endommagée.
Je suis tellement fière d’elle.
Avec l’équipe à terre, on a échangé longtemps.
Eux, ce sont nos voix calmes
quand la mer nous secoue un peu trop.
Nos lucides, nos phares la nuit.
Naviguer, ce n’est jamais seulement nous à bord.
C’est toute une constellation qui veille.
Et puis…
On a pris une douche. Oui. Une douche.
Ça paraît rien… mais ici, c’est une renaissance.
Parfait avant la suite :
la dépression qui nous attend,
celle qui va nous projeter vers l’océan Indien.
La nuit a été splendide.
Une pluie d’étoiles filantes,
une température qui descend doucement, comme un soir d’été où on remet un pull…
juste pour le plaisir d’avoir un peu frais.
On chante encore pendant les quarts.
Ça… ça va bientôt changer.
Mais tout le monde ne le sait pas encore.
Alors on se prépare.
On sort les tenues du Grand Sud, les équipements contre le froid, on ajuste les gestes, les regards.
Une troupe avant l’acte II.
Avec la cellule routage, on mate les icebergs au sud du Cap,
la dépression qui déboule d’Amérique du Sud…
et on cherche la bonne place.
Celle où l’on pourra entrer dans l’océan Indien sans se faire éclater la tête dès le début.
Juste… prendre son tempo.
Danser un peu avec lui
avant qu’il ne décide de nous embarquer dans un pogo géant.
On vise le Cap autour du 15 décembre.
C’est demain… presque.
Encore 2 500 milles à avaler
avant la porte d’une autre dimension.
Le Grand Sud.
Et là-bas…
l’histoire change d’échelle.